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  • Emprunter n'a jamais été si peu cher... 25 août 2014 CONSOMMATION
    Depuis plusieurs années, les taux d'emprunt pour acheter un logement sont à la baisse. En juillet, ils ont atteint 2,7% en moyenne. C'est historiquement bas mais les particuliers n'ont pourtant pas plus les moyens d'investir..
    Si vous souhaitez acheter, c'est le moment. Les crédits immobiliers sont historiquement bas. "Jamais depuis la fin des années 1940, les taux de crédit n'étaient descendus si bas pendant aussi longtemps", remarque l'observatoire Crédit Logement CSA. En juillet, le taux d'emprunt moyen auprès des banques françaises s'élève à 2,7%. Pour rappel, début 2012, il tournait autour de 4%. Cette situation très rare devrait se prolonger, du moins à moyen terme. "Il n'y aura pas de hausse avant la fin de l'année", certifie Maël Bernier, directrice de la communication de la société de courtage Meilleur Taux.
    "Pour 2015, il est encore trop tôt pour pouvoir s'avancer". Mais les banques, considérant le climat économique, le chômage qui augmente, l'investissement qui stagne et l'inflation peu élevée, ne sont pas incitées à augmenter leur taux.

    1. A qui profite cette baisse des crédits immobiliers ?
    Elle est évidemment profitable pour les particuliers, notamment les plus solvables. "C'est-à-dire ceux qui ont un emploi stable, un apport confortable au moment d'investir (supérieur à 10%), voire même ceux qui ont déjà un bien immobilier dans l'idéal", assure Maël Bernier, la porte-parole de Meilleur Taux. Leurs capacités d'emprunt se sont accrues : soit le montant de leurs mensualités est réduit, soit ils peuvent emprunter davantage.

    La situation des plus jeunes, qui achètent pour la première fois, est moins nette. Les politiques d'octroi sont assez souples en fonction des banques. "Il faut compter un tiers du revenu net par mois pour rembourser l'emprunt", informe Maël Bernier. Cela reste la principale condition de l'accès à l'emprunt. A noter que les banques prêtent davantage en 2014 sur 25 ans pour élargir l'accès à la propriété au plus grand nombre. La moyenne d'un crédit immobilier reste toutefois légèrement inférieure à 20 ans.

    2. Quels effets ces faibles taux d'emprunt ont sur le prix des logements ?
    "Certains experts estiment que les prix de l'immobilier montent quand les taux de crédit diminuent. Personnellement, je raisonne plutôt avec la théorie de l'offre et la demande", explique la directrice de la communication de Meilleur Taux. "A Paris par exemple, la demande ne manque pas. Les prix restent donc stables ou augmentent légèrement.
    En revanche, dans les zones rurales où la population régresse, il y a moins de demandes et les acheteurs sont en position de force. Ils sortent vainqueurs des négociations". Un autre critère est à prendre en compte : la tertiairisation de notre économie. "Le travail se trouve de plus en plus en ville donc il n'y a pas d'intérêt pour les futurs acquéreurs de s'en éloigner", note Maël Bernier.

    3. Pourquoi les ventes immobilières stagnent malgré tout ?
    Il existe deux raisons notables selon notre experte. Le premier est le "blocage psychologique". "Les particuliers manquent d'optimisme. Ils n'ont pas le moral et peu confiance en l'avenir", constate Maël Bernier. La deuxième est la précarisation de l'emploi. "Plus de huit embauches sur dix sont aujourd'hui en contrat à durée déterminée". "Ce manque de sécurité de l'emploi n'incite pas les banques à accorder de prêt". Enfin, dernière tendance constatée ces dernières années : "Les propriétaires d'un bien immobilier le conservent et déménagent moins, même si la famille s'agrandit".
    Depuis la Réunion, François Hollande a promis ce vendredi "des annonces" pour la semaine prochaine sur les "dossiers prioritaires de la rentrée", dont le logement.

    Article TF1
    Edité par Pierjean POIROT