Emprunter avec des antécédents de santé : comprendre la convention AERAS
Ce dispositif prévoit un examen progressif de la demande lorsqu’elle ne peut pas être acceptée aux conditions habituelles. Selon la situation, l’emprunteur peut bénéficier d’une couverture standard, d’une proposition assortie d’une surprime ou d’une exclusion, du droit à l’oubli ou des conditions prévues par la grille de référence AERAS. La convention n’accorde toutefois aucun droit automatique à l’assurance ni au financement.
Comprendre son fonctionnement permet de mieux préparer son dossier, d’anticiper le questionnaire de santé lorsqu’il est nécessaire et de comparer les solutions disponibles. Conditions d’application, niveaux d’examen, loi Lemoine, droit à l’oubli, garanties, refus et recours : voici les éléments essentiels à connaître pour défendre un projet immobilier malgré un passé médical.
Pourquoi les antécédents de santé peuvent-ils compliquer un prêt immobilier ?
Risque aggravé, surprime et exclusion de garantie
Après analyse, l’assureur peut accepter le dossier aux conditions habituelles, appliquer une surprime ou prévoir une exclusion liée à une affection déterminée. Il peut aussi limiter certaines garanties ou refuser la couverture.
Ces conditions influencent directement la faisabilité du projet. Une surprime augmente son coût, tandis qu’une exclusion peut ne pas répondre au niveau de protection exigé par la banque. L’objectif est donc d’obtenir une couverture compatible avec les attentes du prêteur et le budget de l’emprunteur.
Qu’est-ce que la convention AERAS et à qui s’adresse-t-elle ?
Elle s’applique automatiquement lorsqu’un risque aggravé de santé est identifié et que la demande ne peut pas être acceptée aux conditions standard. L’emprunteur n’a donc pas à demander son activation. Il n’existe pas non plus d’« assurance AERAS » : la convention encadre l’examen des dossiers concernés.
Les conditions et les financements concernés
Pour qu’une demande liée à un prêt immobilier ou à certains prêts professionnels puisse atteindre le troisième niveau d’examen, la part assurée sur l’encours cumulé des crédits concernés ne doit pas dépasser 420 000 euros. Le contrat d’assurance doit également prendre fin avant le 71e anniversaire de l’emprunteur. Pour une résidence principale, les crédits relais ne sont pas intégrés à ce plafond.
Ces critères ouvrent l’accès au parcours d’examen prévu par la convention, sans garantir une proposition. La banque conserve par ailleurs la responsabilité d’évaluer les revenus, l’endettement, l’apport et la viabilité du projet.
Comment un dossier est-il étudié dans le cadre AERAS ?
Le passage d’un niveau au suivant est automatique lorsqu’aucune proposition ne peut être établie. L’emprunteur doit néanmoins transmettre un dossier complet et répondre aux éventuelles demandes de renseignements ou d’examens complémentaires.
Les trois niveaux successifs d’examen du risque
Cette deuxième étape repose sur une étude individualisée. Le médecin-conseil peut demander des comptes rendus ou des résultats d’examens afin d’évaluer la pathologie, son évolution et ses conséquences potentielles.
Si aucune solution n’est trouvée et que les conditions d’âge et de montant sont respectées, le dossier passe au troisième niveau. Il est alors réexaminé par un pool de réassureurs spécialisé dans les risques très aggravés de santé.
Une proposition peut être formulée à chaque étape, éventuellement avec une surprime ou une exclusion. Un refus reste toutefois possible à l’issue du parcours.
Questionnaire de santé : quelles informations faut-il déclarer ?
Dès que l’une de ces conditions n’est pas remplie, l’assureur peut interroger le demandeur sur sa santé actuelle et passée afin de déterminer les garanties, le tarif et les éventuelles exclusions.
Répondre avec précision tout en respectant le droit à l’oubli
Les informations de santé sont traitées confidentiellement par le service médical de l’assureur. Il faut répondre avec sincérité, précision et uniquement aux questions posées. Une pathologie relevant du droit à l’oubli ne doit pas être déclarée. Les autres antécédents doivent l’être lorsqu’ils entrent dans le champ du questionnaire.
Une omission ou une réponse inexacte peut compromettre la prise en charge. En cas de fausse déclaration intentionnelle, l’assureur peut demander l’annulation du contrat et refuser le versement prévu. Il est donc prudent de vérifier les dates des traitements, hospitalisations et examens avant l’envoi du dossier.
Droit à l’oubli et grille AERAS : quelles différences ?
Deux dispositifs pour limiter l’impact d’une ancienne maladie
Lorsque ces conditions sont réunies, l’assureur ne peut appliquer ni surprime ni exclusion en raison de cet antécédent. La pathologie concernée ne doit donc pas être mentionnée. Les personnes qui souhaitent approfondir les démarches pour emprunter après un cancer peuvent vérifier leur situation avec leur médecin ou un professionnel de l’assurance.
La grille de référence AERAS répertorie des pathologies et fixe, pour chacune, des critères portant notamment sur le type de maladie, son stade, les traitements ou le délai écoulé. Elle peut permettre une assurance sans surprime ni exclusion liée à la pathologie, ou avec une majoration plafonnée.
Contrairement au droit à l’oubli, la maladie couverte par la grille doit généralement être déclarée. Son contenu évolue avec les progrès médicaux. Il faut donc consulter la version en vigueur au moment de la demande.
Quelles propositions l’assureur peut-il formuler ?
Surprime, exclusions et garanties spécifiques
Il est essentiel de distinguer les garanties décès, perte totale et irréversible d’autonomie, incapacité et invalidité. Leur définition et leurs conditions d’activation varient selon les contrats. Une couverture limitée au décès peut être insuffisante si la banque exige également une protection contre l’incapacité ou l’invalidité.
Lorsque la garantie d’invalidité habituelle ne peut pas être proposée, l’assureur doit étudier la garantie invalidité spécifique AERAS. Elle concerne certaines situations dans lesquelles l’assuré ne peut plus travailler définitivement et présente un taux d’invalidité fonctionnelle d’au moins 70 %. Lorsqu’elle est accordée, elle ne comporte pas d’exclusion liée à la pathologie déclarée.
Enfin, sous conditions de ressources, un mécanisme d’écrêtement limite la cotisation d’assurance à 1,4 point dans le taux effectif global de l’emprunt.
Comment améliorer ses chances de financer son projet immobilier ?
Anticiper le dossier et comparer plusieurs assurances
Il est également essentiel de solliciter plusieurs assureurs. Tous appliquent la convention AERAS, mais leurs critères d’acceptation, leurs tarifs et leurs exclusions peuvent différer. Une réponse défavorable ne préjuge donc pas de celle d’un autre organisme.
L’emprunteur peut choisir une délégation d’assurance, à condition que le contrat externe respecte le niveau de garanties exigé par la banque. La comparaison doit porter sur le coût total, mais aussi sur les exclusions, franchises, limites d’âge et modalités d’indemnisation.
Le financement peut parfois être ajusté : répartition différente des quotités entre co-emprunteurs, réduction du capital demandé, apport plus important ou durée adaptée. Ces choix doivent préserver une protection suffisante.
L’accompagnement d’un courtier permet enfin de coordonner crédit et assurance, d’anticiper les délais et de présenter un projet cohérent aux établissements sollicités.
Que faire en cas de refus d’assurance emprunteur ?
Recours, médiation et garanties alternatives
S’il estime que la convention n’a pas été correctement appliquée, il peut saisir la Commission de médiation AERAS. Celle-ci vérifie le respect du dispositif et favorise un règlement amiable. Elle ne peut toutefois pas remettre en cause l’appréciation médicale de l’assureur ni imposer à la banque d’accorder le crédit.
L’établissement prêteur doit parallèlement examiner les garanties alternatives offrant une sécurité suffisante. Il peut s’agir du nantissement d’une assurance-vie ou d’un portefeuille de valeurs mobilières, d’une hypothèque sur un autre bien ou d’une caution.
Le montage peut aussi être réexaminé en adaptant le montant, l’apport, la durée ou les quotités. Chaque solution reste soumise à l’accord de la banque et doit préserver les intérêts de l’emprunteur et de ses proches.
Conclusion
Elle ne garantit toutefois ni l’assurance ni l’accord de la banque. L’anticipation reste essentielle pour réunir les documents nécessaires, comparer les contrats et vérifier que les garanties répondent aux exigences du prêteur.
ICC Finance peut vous accompagner dans la recherche d’un financement cohérent avec votre situation, coordonner les démarches et vous aider à identifier les solutions adaptées à votre projet immobilier.